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29 juin 2009

L’ayatollahisation - par Ziyad Makhoul (OLJ)

lundi 29 juin 2009

Personne ne comprend ce qui a motivé le Hezbollah et son outil médiatique de propagande, qui ont prouvé ces derniers jours une nouvelle fois cette insensée et dangereuse maestria dans l'art d'intoxiquer puis de laver les cerveaux. Parce qu'un enfant de trois ans atteint de glaucome n'aurait pas été dupe de la photo où trônait, en uniforme de l'armée israélienne, un homme dont le seul point commun physique avec Gad Elmaleh, comme avec des centaines de milliers d'êtres humains aux quatre coins de la planète, reste les yeux bleus. Parce que, aussi, ni le Hezbollah ni al-Manar ne s'étaient insurgés en 2006 lorsque le même Gad Elmaleh était dûment programmé par le Festival de Byblos avant que tout ne soit annulé à cause de la guerre de juillet. Parce que, enfin, le comportement de plus en plus frénétiquement et fanatiquement milicien d'un parti ni au-dessus ni à côté des lois, mais contre elles, commence à devenir létal.
Personne ne comprend pourquoi le Hezbollah, au lendemain pourtant d'un tête-à-tête de quatre heures très positif entre Walid Joumblatt et Hassan Nasrallah, a décidé de s'en prendre à ce point et de cette façon au Festival de Beiteddine. À moins que non. À moins que le parti de Dieu n'ait pas voulu viser en particulier l'une des deux plus grandes manifestations culturelles de l'été, mais qu'il voyait grand, beaucoup plus grand. Extrêmement agacé par les résultats des législatives d'il y a trois semaines, un scrutin dont le résultat ne lui a pas permis, avec l'aide royale du courant de Michel Aoun, de commencer son opération de chirurgie plastique pro bono sur l'identité et le visage du Liban, le Hezbollah a compris qu'il devait s'y prendre autrement. Commencer modestement et puis garder le rythme, espérant atteindre son objectif par des chemins de traverse, des chemins plus longs, parce que plus discrets, des chemins moins radicaux qu'un déclenchement de guerre avec Israël, mais des chemins qui sentent mauvais. C'est-à-dire en souillant et en dynamitant aux yeux de la planète entière l'image d'un Liban qui revit, d'un Liban qui renoue avec une tradition séculaire de cœur battant du tourisme, de la culture, de l'art et de l'entertainment, un Liban-pont entre deux, cinq, mille rives, un Liban heureux, malgré tout, parce qu'amoureux fou de la vie.
L'ultracampagne lancée depuis une semaine par al-Manar est définitivement et éminemment politique.
Cette opération de maculation, même le très sérieux et pourtant très intelligent Nouvel Obs s'est laissé prendre, titrant son information sur l'annulation par l'artiste franco-marocain de ses spectacles à Beiteddine : Le Liban voit en Gad Elmaleh un soldat israélien. Là où le Hezbollah (et avec lui tous les silences, d'où qu'ils viennent et surtout de Rabieh, comme autant de cautions complices) devient scélérat, bien au-delà de ce terrorisme intellectuel qu'il a élevé au rang d'art de régner, bien au-delà de cet antisémitisme, ce racisme fous nés d'une confusion délétère et inadmissible entre judaïté et sionisme, bien au-delà de ce refus de l'autre surtout quand cet autre n'a jamais combattu pour Israël et qu'il est le premier à user et abuser de l'autodérision et de blagues sur ses coreligionnaires, c'est lorsque la formation de Hassan Nasrallah entame avec une férocité inégalée ce processus de régression et de ringardisation absolues du Liban. C'est lorsqu'il fait tout pour suggérer que ce pays ne sera jamais qu'un sale nid d'obscurantismes en tout genre, qu'un repaire pour grand Inquisiteurs en mal de sorcières et de feux de joie sur autant de bûchers, qu'un laboratoire grandeur nature de pensée unique et de lobotomisation (clockwork) orange, qu'un appendice de 10 452 km - pour l'agrandissement d'un ayatollahland où tous les grands frères de Moussavi doivent, eux aussi, être (for)matés.
Il est étonnant, stupéfiant même de voir que les grands cerveaux du Hezbollah, connus, et largement, pour leur intelligence affûtée, n'ont pas encore pris conscience de la force herculéenne d'une société civile libanaise décidément somptueuse. Bien sûr, les zélotes ont gagné cette bataille : craignant, le plus naturellement et le plus légitimement du monde, pour son intégrité physique, Gad Elmaleh ne viendra pas. Mais une chose est claire : un nouveau jihad culturel, une nouvelle fatwa de ce genre, initiés par le Hezbollah ou pas, ne passeront plus.
Il est désolant, enfin, à l'heure où le monde fait tout pour résorber un choc de civilisations à l'échelle planétaire, de voir le Hezbollah s'employer avec une patience infinie à créer, à la toute petite échelle intralibanaise, un mortifère choc des cultures. Plus que jamais, il y a l'urgence d'écouter et surtout d'entendre la voix des Libanais chiites convaincus par la nocuité des options du Hezbollah. Plus que jamais, il est urgent que ces voix se lèvent.



20 juin 2009

Touche pas à mon pote!



Le Guide Suprême s’en est sorti de sa tanière....

Mais dans le fonds c’est bien un édifice lézardé que s'apprête à sauver le chef de projet Khamenei et son ingénieur-chef Ahmedinejad.

Attaqué de l'extérieur par bon nombre de pays et d’organisations, l’empire militaro-financier des mollahs se voit maintenant confronté avec des fuites-maison.

Une fraude est aux élections ce que le mastic est aux fissures d’un bâtiment. Un maquillage simple, rapide et normalement efficace.
Quand la triche se substitue à la règle éthique, et dans l’ampleur annoncée, il faut au "mastic" un additif exceptionnel pour solidifier l’ensemble et le présenter comme intact.

Et c’est cet additif qui nous a été servi dans le discours du Guide Suprême.
Loin de tenir un message de rassemblement, il a simplement rappelé la règle du jeu en vigueur depuis 30 ans en Iran et maintenue d’une main nucléaire depuis 4 ans.

Outre les termes choisis dans la réthorique populiste: “chaos, complot, sanguinaire...”, le peuple iranien s’est vu entendre dire: TOUCHE PAS à mon pote!

Il appartient au monde extérieur de rassurer et de soutenir ceux qui, en Iran, souhaitent intégrer le dialogue dans leur lexique. Vite!

Jean Khairallah
www.lanationlibanaise.org

ps: je joins à ce billet une possible vision khaménéiste du célèbre logo de SOS-Racisme.

16 juin 2009

Une victoire chèrement payée - Fady Noun - OLJ 16/06/09

Oui, de l'extérieur, ça semble aller. Les résultats sont là. Mais la victoire a été très coûteuse, aussi bien financièrement que politiquement. On ne sait si, d'une façon ou d'une autre, ces choses ne la ternissent pas. Financièrement, des sommes énormes ont été dépensées. De part et d'autre s'entend, mais on est d'abord responsable de soi. Politiquement, des calculs électoraux ont éliminé certaines des plus intègres figures de notre petite scène politique. Nous les avons sacrifiées, pour faire triompher une ligne. C'est du moins comme ça que nous nous consolons. Si nous n'étions que des animaux politiques, nous aurions poursuivi, sans plus de scrupules, un combat très âpre contre des adversaires implacables. Mais peut-on s'empêcher de porter un jugement moral sur les événements du monde ? À la balance de l'histoire, la trahison des idéaux et même de liens purement humains, au nom de l'efficience, pèse aussi lourd qu'une erreur politique, comme nous l'a appris Albert Camus. Il y a des trahisons qui rejaillissent sur la noblesse de la cause. De délicats équilibres gouvernent le monde.
Certains se félicitent, mais comme s'il s'agissait d'un lot de consolation, ou d'un paquet surprise auquel personne ne songeait, que les relations des chrétiens avec les deux grandes communautés musulmanes, les sunnites et les chiites, soient finalement sauves. Quelle que soit la partie jouée, les chrétiens ont été au moins gagnants sur ce tableau, se disent-ils. C'est là un exemple de cette « histoire invisible » qui se tisse, à travers les événements, un exemple de plus de la façon dont « Dieu écrit droit avec des lignes courbes ». Mais y croire vraiment reviendrait à dire que la prospérité des chrétiens relève de la permanence de l'inimitié que se portent les uns aux autres sunnites et chiites. Ce sont peut-être des dividendes de la bataille, mais ce n'est pas ça le christianisme.
Il y a une autre et terrible conséquence de la bataille qui vient de s'achever : la dégradation supplémentaire des sentiments que se portent les Libanais, et plus particulièrement les chrétiens entre eux. D'effrayants sentiments d'exécration se font jour, désormais plus crûment encore que par le passé, en particulier à l'égard du haut clergé. C'est le triomphe absolu de la calomnie, de la haine et des coups de dague dans le dos. Sans preuves, sans l'exercice du moindre bon sens, les accusations les plus terribles, les calomnies les plus insidieuses, sont lancées et sont prises pour argent comptant. Il serait impardonnable de les énumérer, car ce serait contribuer au crime. Il y a même un devoir moral à ne pas les répéter. Car il y a quelque chose de diabolique dans cette machine infernale de la langue que plus personne ne parvient à arrêter. C'est à qui salira le plus la réputation de l'autre et personne n'y échappe.
Du reste, les médias sont aussi en cause et contribuent à entretenir les flammes de ce brasier, en y jetant quotidiennement leurs brassées de bois mort, de sarments secs et de paille, c'est-à-dire de préjugés, de clichés et de superficialité, sans parler du manque de discernement et de rigueur dans l'analyse, de complaisance pour les « copains », de provocations et d'intoxication. Nous agissons avec le foisonnement des plantes grimpantes, sans nous rendre compte que nous abîmons le mur. Comme Pénélope, nous défaisons de nuit le travail du jour. Des voyants sont invités sur les plateaux pour dire qui sera élu et qui ne le sera pas ; qui va mourir l'an prochain et qui va quitter sinon ce monde, du moins le Liban. Sans plan de route, sans boussole, nous n'irons pas loin dans l'exploration de l'insignifiance. Pourtant, nous avons des sages, nous savons que l'histoire nous apprivoise petit à petit, nous rassemble et nous unit, pour le meilleur et pour le pire.
Le patriarche maronite a accordé à une revue un entretien dans lequel il affirme courageusement que la Syrie continue d'avoir des ambitions au Liban, que si la ligne de l'opposition avait triomphé, le Liban aurait été à la merci de l'axe syro-iranien. La déclaration venait en confirmer d'autres, effectuées avant le scrutin. Fallait-il vraiment le faire, alors que la victoire électorale était déjà assurée ? Certains chrétiens se posent la question, et redoutent que le patriarche n'ait fait là un « faux pas ». Le patriarche, qui est la « conscience du Liban » et dont le salon est le confessionnal de la nation libanaise, est sans doute en possession d'informations que le commun des mortels ne possède pas, et pense très probablement que tout danger n'est pas écarté et qu'il est le seul au Liban à pouvoir le dire aussi franchement.
Voilà certaines des questions et des doutes qui nous tenaillent, au lendemain de ces élections plus cruciales encore qu'on ne le croyait. « Paix, dialogue, paix, dialogue ! » ne cessent de susurrer depuis le dimanche électoral du 7 juin les divers responsables politiques, Saad Hariri en tête. Pourquoi a-t-on l'impression que la paix civile est à la merci d'une étincelle ?

Fady Noun




Réponse à Fady Noun

De part et d'autres les media ont fait montre d'arrogance ces derniers temps, emmenés par le tourbillon des discours partisans et des partis.

Les journalistes ces derniers temps, tout autant à fleur de peau que leur poulain politique, s'en sont donnés à coeur joie, participant allégrement à faire un remake de "Peur sur la Ville" poussant un camp contre l'autre.

Il est aussi vrai qu'il n'y avait pas de place ou plus de place pour des personnalités n'ayant pas affiché un engouement ultra-partisan, et ce ni dans la campagne, ni dans les media qui les ont superbement ignorés. Ecartés avant le vote ou balayés après, ils seront la charnière de ce dialogue tant attendu.

Dans un précédent billet, je parlais d'humilité et de remise en cause. Cela vaut pour tous, y compris pour vous journalistes.

Alors merci Fady, de cet article.

La prise de position ultra-partisane de l'OLJ a besoin elle aussi d'une rectification, d'une objectivité plus en rapport avec sa renommée.
L'OLJ se doit d'être moins concentrateur de brûlots et plus agitateur d'idées; moins monochrome et plus acteur du dialogue.

J'espère que tes patrons et collègues ont lu ton mot que je me permets de publier sur mon blog.

Jean K
www.lanationlibanaise.org

14 juin 2009

Préparons la fête des pères



... encore qu'elle n'existe pas au Liban, du moins pas de manière officielle à ma connaissance.

Voici une liste de cadeaux à éviter

j'aurais pu ajouter, un bulletin de vote (trop tard!), un billet de banque (origine?), un drapeau arc-en-ciel, un bon de participation à un talk-show politique, ... J'en passe et des meilleurs.

A tous ceux qui sont pères ou le seront un jour: pensez à vos enfants. Offrez leur un avenir digne de ce nom.

Jean Khairallah
www.lanationlibanaise.org

08 juin 2009

Jeu de go


Le jeu de go est au monde chinois ce que le jeu d'échecs est à l'Occident. Un jeu de stratégie.

La différence?

  • Le joueur de go, pour gagner, doit juste s’assurer d’occuper plus de 50% du "territoire" et s'appliquer à contrôler son adversaire, le laisser vivre à ses cotés.
  • Aux échecs, cela se termine en tragédie: la mise à mort du roi adverse et donc l'humiliation du camp d’en face.

Aux gagnants donc, il faut absorber une grande dose d'humilité et exercer le pouvoir dans une réelle transparence, voire d’ouverture.
La stratégie de Nicolas Sarkozy depuis 2 ans l’a encore démontré hier. Une bataille frontale n’apporte rien. Un travail avec d'anciens adversaires mène à la réduction progressive des positions adverses soit par assimilation à ses idées, soit démocratiquement par le rejet des électeurs.

Aux perdants, savoir accepter une défaite, en analyser les causes, jouer son rôle moteur et constructif d'opposant.

Il faudrait le faire intelligemment, conscient des difficultés internes inhérentes à notre système et externes avec les pressions diverses et variées sans parler de la crise économique et de notre dette qui se fichent éperdument de nos états d'âmes.

Jean Khairallah
www.lanationlibanaise.org

06 juin 2009

Discours de Barack Obama au Caire


Un nouveau départ
Université du Caire
Le Caire, Égypte
4 juin 2009

Je vous remercie. Bonjour à tous. C'est pour moi un honneur de me trouver dans cette ville intemporelle qu'est le Caire et d'être reçu par deux institutions remarquables. Depuis plus de mille ans, Al-Azhar est un haut lieu de transmission du savoir dans le monde musulman et, depuis plus d'un siècle, l'université du Caire est une source de progrès pour l'Égypte. Ensemble, vous représentez l'harmonie entre la tradition et le progrès. Je vous suis reconnaissant de votre hospitalité et de celle du peuple égyptien. Je suis fier aussi de vous transmettre la bonne volonté du peuple américain et une salutation de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays :« Salamm aleïkoum ».

Notre rencontre survient à un moment de grande tension entre les États-Unis et les musulmans du monde entier - tension ancrée dans des forces historiques qui dépassent le cadre des débats actuels de politique générale. Les relations entre l'islam et l'Occident se caractérisent par des siècles de coexistence et de coopération, mais aussi par des conflits et des guerres de religion. Dans un passé relativement plus récent, les tensions ont été nourries par le colonialisme qui a privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir, ainsi que par une guerre froide qui s'est trop souvent déroulée par acteurs interposés, dans des pays à majorité musulmane et au mépris de leurs propres aspirations. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l'Occident un élément hostile aux traditions de l'islam.

Des extrémistes violents ont exploité ces tensions auprès d'une minorité de musulmans, qui pour être réduite n'en est pas moins puissante. Les attentats du 11 septembre 2001, conjugués à la poursuite des actions violentes engagées par ces extrémistes contre des civils, ont amené certains dans mon pays à juger l'islam inévitablement hostile non seulement à l'Amérique et aux pays occidentaux, mais aussi aux droits de l'homme. La peur et la méfiance se sont ainsi accentuées. Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui peut guider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité. C'est ce cycle de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé.

Je suis venu ici au Caire en quête d'un nouveau départ pour les États-Unis et les musulmans du monde entier, un départ fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel, et reposant sur la proposition vraie que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas et qu'ils n'ont pas lieu de se faire concurrence. Bienau contraire, l'Amérique et l'islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain.
Ce faisant, je reconnais que le changement ne se produira pas du jour au lendemain. Il y a eu beaucoup de publicité à propos de mon discours, mais aucun discours ne peut éradiquer des années de méfiance, et dans l'espace de cet après-midi, je n'ai pas la réponse non plus aux questions complexes qui nous ont menés au point où nous sommes maintenant. Mais je suis convaincu que pour aller de l'avant, nous devons dire ouvertement entre nous ce que nous recelons dans notre coeur et que trop souvent nous n'exprimons qu'à huis clos. Nous devons consentir un effort soutenu afin de nous mettre à l'écoute et d'apprendre les uns des autres ; de nous respecter mutuellement et de rechercher un terrain d'entente. Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». C'est ce que je vais essayer de faire aujourd'hui - de dire la vérité de mon mieux, rendu humble par la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction que les intérêts que nous partageons parce que nous sommes des êtres humains sont beaucoup plus puissants que les forces qui nous séparent.

Cette conviction s'enracine en partie dans mon vécu. Je suis chrétien, mais mon père était issu d'une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j'ai passé plusieurs années en Indonésie où j'ai entendu l'appel à la prière (azan) à l'aube et au crépuscule. Jeune homme, j'ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j'ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane.
Féru d'histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l'islam. C'est l'islam - dans des lieux tels qu'Al-Azhar -, qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle des Lumières en Europe. C'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes - c'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l'algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l'écriture et de l'imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l'élan des flèches de pierre vers le ciel, l'immortalité de la poésie et l'inspiration de la musique, l'élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l'histoire, l'islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l'égalité raciale.

Je sais aussi que l'islam a de tout temps fait partie de l'histoire de l'Amérique. C'est le Maroc qui fut le premier pays à reconnaître mon pays. En signant le traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, nota ceci : « Les États-Unis n'ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans. »
Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l'un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle.

J'ai donc connu l'islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé pour la première fois. Cette expérience guide ma conviction que le partenariat entre l'Amérique et l'islam doit se fonder sur ce qu'est l'islam, et non sur ce qu'il n'est pas, et j'estime qu'il est de mon devoir de président des États-Unis de combattre les stéréotypes négatifs de l'islam où qu'ils se manifestent.

Or ce même principe doit s'appliquer à la façon dont l'Amérique est perçue par les musulmans. Tout comme les musulmans ne se résument pas à un stéréotype grossier, l'Amérique n'est pas le stéréotype grossier d'un empire qui n'a d'autre intérêt que le sien. Les États-Unis représentent l'une des plus grandes sources de progrès que le monde ait connues. Nous sommes nés d'une révolution contre un empire ; nous sommes fondés sur l'idéal de l'égalité de tous et nous avons versé de notre sang et combattu pendant des siècles pour donner un sens à ces mots - sur notre territoire et à travers le monde. Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul ».
Eh bien, qu'un Américain d'origine africaine et ayant pour nom Barack Hussein Obama ait pu être élu président a fait couler beaucoup d'encre.
Mais mon parcours n'est pas unique. Le rêve des chances de réussir ne s'est pas concrétisé pour tous en Amérique, mais cette promesse demeure pour tous ceux qui débarquent sur nos rivages - y compris les près de sept millions de musulmans américains qui vivent aujourd'hui dans notre pays et dont le revenu et le niveau d'éducation, disons-le, sont supérieurs à la moyenne.
En outre, la liberté en Amérique est indissociable de celle de pratiquer sa religion. C'est pour cette raison que chaque État de notre union compte au moins une mosquée et qu'on en dénombre plus de mille deux cents sur notre territoire. C'est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit.
Le doute n'est pas permis : l'islam fait bel et bien partie de l'Amérique. Et je suis convaincu que l'Amérique contient en elle la proposition vraie qu'indépendamment de notre race, de notre religion ou de notre condition sociale nous aspirons tous à la même chose - vivre dans la paix et la sécurité ; faire des études et travailler dans la dignité ; aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. C'est cela que nous avons en commun. C'est l'espoir de l'humanité tout entière. Certes, notre tâche commence seulement quand nous avons pris conscience de notre humanité commune. Ce n'est pas par des paroles que nous pouvons répondre aux besoins de nos peuples. Nous ne pourrons les satisfaire qu'à condition d'agir avec audace dans les années à venir et de comprendre que nous nous heurtons à des défis communs et qu'en nous abstenant d'y faire face c'est à nous tous que nous faisons tort.

Car nous en avons fait récemment l'expérience : quand le système financier d'un pays particulier s'affaiblit
, la prospérité est mise à mal partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain, nous courons tous un risque. Quand un pays particulier tente de se doter d'une arme nucléaire, le risque d'attaque nucléaire augmente dans toutes les nations. Quand des extrémistes violents sévissent dans une certaine région de montagnes, les populations situées par-delà l'océan sont mises en danger. Et quand des innocents en Bosnie et au Darfour sont massacrés, c'est notre conscience collective qui est souillée.
Vivre ensemble dans le monde, voilà ce que cela signifie au vingt et unième siècle. C'est la responsabilité que nous avons les uns envers les autres en tant qu'êtres humains. C'est une responsabilité difficile à assumer. Car l'histoire de l'humanité est trop souvent le récit de nations et de tribus - et admettons-le, de religions - qui s'asservissent en visant leur propre intérêt.
Mais dans cette ère nouvelle, une telle attitude est autodestructrice. Au vu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élève un pays ou un groupe d'individus au détriment d'un autre est inévitablement voué à l'échec. Quelle que soit notre opinion du passé, nous ne devons pas en être prisonniers. Nous devons régler nos problèmes par le biais du partenariat et partager nos progrès.

Il ne faut pas en conclure que nous devrions faire sembler d'ignorer les sources de tension. C'est l'inverse qui nous est suggéré : nous devons affronter carrément ces tensions. Dans cet esprit, permettez-moi de m'exprimer aussi clairement et aussi simplement que possible sur certaines questions précises auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble.

La première est celle de
l'extrémisme violent sous toutes ses formes.
À Ankara, j'ai fait clairement savoir que l'Amérique n'est pas - et ne sera jamais - en guerre contre l'islam. En revanche, nous affronterons inlassablement les extrémistes violents qui font peser une menace grave sur notre sécurité. Parce que nous rejetons ce que rejettent les gens de toutes confessions : le meurtre d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Et il m'incombe d'abord, en tant que président, de protéger le peuple américain.
La situation qui prévaut en Afghanistan illustre les objectifs de l'Amérique et la nécessité de collaborer tous ensemble. Voilà maintenant plus de sept ans, forts d'un large appui de la communauté internationale, les États-Unis ont donné la chasse à al-Qaïda et aux talibans. Nous avons agi de la sorte non par choix, mais par nécessité. Je suis conscient que d'aucuns mettent encore en question ou même justifient les événements du 11 Septembre. Mais soyons clairs : Al- Qaïda a tué près de trois mille personnes ce jour-là. Ses victimes étaient des hommes, des femmes et des enfants innocents, venus d'Amérique et de beaucoup d'autres pays, et qui n'avaient rien fait à personne. Mais al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd'hui encore sa détermination à commettre d'autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d'élargir son rayon d'action. Il ne s'agit pas là d'opinions à débattre - ce sont des faits à combattre.
Eh bien, ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas laisser nos soldats en Afghanistan. Nous ne cherchons pas - nous ne cherchons pas à y établir des bases militaires. Il nous est douloureux pour l'Amérique de perdre ses jeunes gens et ses jeunes femmes. La poursuite de ce conflit s'avère coûteuse et politiquement difficile. Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu'au dernier, si nous avions l'assurance que l'Afghanistan et maintenant le Pakistan n'abritaient pas d'éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d'Américains. Mais ce n'est pas encore le cas.
C'est pourquoi nous oeuvrons en partenariat avec une coalition de 46 pays. Malgré les couts en cause, la volonté de l'Amérique ne va pas fléchir. Assurément, aucun d'entre nous ne doit tolérer ces éléments extrémistes. Ils ont fait des morts dans beaucoup de pays. Ils ont tué des gens de toutes religions - et surtout des musulmans. Leurs actions sont irréconciliables avec les droits de l'homme, le progrès des nations et l'islam. Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l'humanité tout entière, et que quiconque sauve quelqu'un, sauve l'humanité tout entière. La foi enracinée de plus d'un milliard d'habitants de la planète est tellement plus vaste que la haine étroite de quelques-uns. Quand il s'agit de combattre l'extrémisme violent, l'islam ne fait pas partie du problème - il constitue une partie importante de la marche vers la paix.
Nous savons en outre que la puissance militaire ne va pas à elle seule résoudre les problèmes qui se posent en Afghanistan et au Pakistan. C'est pour cette raison que nous comptons investir 1,5 milliard de dollars par an, au cours des cinq prochaines années, dans la construction d'écoles et d'hôpitaux, de routes et d'entreprises, en partenariat avec les Pakistanais, ainsi que des centaines de millions de dollars pour venir en aide aux personnes déplacées. C'est pour cette raison encore que nous fournissons plus de 2,8 milliards de dollars aux Afghans afin de les aider à développer leur économie et à prodiguer les services dont la population a besoin.
Je voudrais aussi aborder le dossier de l'Irak. Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d'un choix, lequel a provoqué des différences marquées dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l'Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c'est possible. De fait, nous avons en mémoire les propos de Thomas Jefferson, qui disait ceci : « J'espère que notre sagesse grandira avec notre puissance et qu'elle nous enseignera que moins nous utiliserons cette dernière, plus elle fera de l'effet. »
Aujourd'hui, l'Amérique possède une double responsabilité : aider l'Irak à se forger un avenir meilleur et laisser l'Irak aux Irakiens. J'ai fait clairement savoir au peuple irakien que nous ne cherchons nullement à établir des bases en Irak ni à revendiquer son territoire ou ses ressources. La souveraineté de l'Irak appartient à l'Irak. C'est pour cette raison que j'ai ordonné le retrait de nos brigades de combat d'ici au mois d'août de l'année prochaine. C'est pour cette raison que nous allons honorer l'accord que nous avons conclu avec le gouvernement irakien, élu démocratiquement, concernant le retrait de nos troupes de combat des villes irakiennes d'ici au mois de juillet et de toutes nos troupes du territoire irakien d'ici à 2012. Nous aiderons l'Irak à former ses forces de sécurité et à développer son économie. Mais c'est en tant que partenaires, et jamais en tant que protecteurs, que nous apporterons notre appui à un Irak sécurisé et uni.

Enfin, tout comme l'Amérique ne tolérera jamais la violence des extrémistes, elle ne doit jamais altérer ni oublier ses principes. Les événements du 11 Septembre ont infligé un traumatisme considérable à notre pays. La peur et la colère qu'ils ont provoquées sont compréhensibles, mais dans certains cas ces sentiments nous ont conduits à agir de manière contraire à nos traditions et à nos idéaux. Nous prenons maintenant des mesures concrètes pour rectifier cette situation. J'ai interdit sans équivoque l'usage de la torture par les États-Unis et j'ai ordonné la fermeture de la prison à Guantanamo Bay d'ici au début de l'année prochaine.
L'Amérique va donc se défendre, dans le respect de la souveraineté des nations et de la primauté du droit. Et nous agirons en ce sens en partenariat avec les communautés musulmanes qui sont elles aussi menacées. Plus vite les extrémistes seront isolés et malvenus dans les communautés musulmanes, plus vite nous connaîtrons tous une sécurité accrue.

La deuxième grande source de tension que nous devons aborder concerne la
situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe.
Les liens solides qui unissent l'Amérique à Israël sont bien connus. Cette relation est immuable. Elle se fonde sur des liens culturels et historiques et sur la reconnaissance du fait que l'aspiration à un territoire juif est ancré dans un passé tragique indéniable.
À travers le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles et l'antisémitisme en Europe a atteint son paroxysme avec un holocauste sans précédent. Demain, je me rendrai à Buchenwald, qui faisait partie d'un réseau de camps où des Juifs étaient réduits à l'esclavage, torturés, abattus et envoyés aux chambres à gaz par le Troisième Reich. Six millions de Juifs ont été tués - soit un nombre supérieur à celui de toute la population juive d'Israël aujourd'hui. Il est injustifié, ignorant et odieux de nier ce fait. Il est profondément injuste de menacer Israël de destruction, ou répéter de vils stéréotypes sur les Juifs et cela ne sert qu'à évoquer dans l'esprit des Israéliens cette page la plus douloureuse de leur passé et à empêcher de prendre racine la paix à laquelle ont droit les habitants de cette région.
Ceci dit, il est également indéniable que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans et des chrétiens, a souffert en quête d'un territoire. Depuis plus de soixante ans, il connaît la douleur de la dislocation. Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans des terres voisines de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n'ont jamais eu le droit de goûter. Ils subissent au quotidien les humiliations - grandes et petites - qui accompagnent l'occupation. Il n'est pas permis d'en douter : la situation du peuple palestinien est intolérable.
L'Amérique ne tournera pas le dos à l'aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un État à lui.
Depuis des dizaines d'années, une impasse persiste : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun marqué par un passé douloureux qui rend un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer l'attention sur la dislocation consécutive à la fondation d'Israël, et les Israéliens peuvent dénoncer l'hostilité et les attaques dont le pays a de tout temps fait l'objet à l'intérieur même de ses frontières et par-delà. Mais si nous examinons ce conflit à travers le prisme de l'une ou de l'autre partie, nos oeillères nous cacheront la vérité : la seule résolution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. C'est dans l'intérêt d'Israël, dans l'intérêt de la Palestine, dans l'intérêt de l'Amérique, dans l'intérêt du monde. C'est pourquoi je compte personnellement poursuivre un tel aboutissement avec toute la patience et le dévouement qu'exige cette tâche. Les obligations qu'ont acceptées les parties en vertu de la Feuille de route sont claires. Pour que règne la paix, il est temps que les parties - et que nous tous -se montrent à la hauteur de leurs responsabilités.
Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n'aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l'humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d'obtenir l'égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au coeur même de la création de l'Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l'Afrique du sud à l'Asie du sud ; de l'Europe de l'est à l'Indonésie. C'est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n'est pas un signe de courage ni de force. Ce n'est pas de cette manière que l'on revendique l'autorité morale ; c'est ainsi qu'on l'abdique.
Le moment est maintenant venu pour les Palestiniens de se concentrer sur ce qu'ils peuvent bâtir. L'Autorité Palestinienne doit développer ses capacités de gouverner avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple. Hamas jouit du soutien de certains Palestiniens, mais il doit aussi reconnaitre ses responsabilités. Il doit jouer un rôle pour réaliser les aspirations des Palestiniens et unir le peuple palestinien. Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit à l'existence d'Israël.
En même temps, Israël doit reconnaître que tout comme le droit à l'existence d'Israël ne peut être nié, il en est de même pour la Palestine. Les États-Unis n'acceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes. Ces constructions constituent une violation des accords passés et portent préjudice aux efforts de paix. Le moment est venu pour que ces colonies cessent.
Israël doit aussi honorer ses obligations et assurer que les Palestiniens puissent vivre, travailler et développer leur société. Tout comme elle ravage les familles palestiniennes, la continuation de la crise humanitaire à Gaza ne sert pas à promouvoir la sécurité d'Israël, l'absence persistante de chances de réussite en Cisjordanie non plus. Des améliorations dans la vie de tous les jours du peuple palestinien doivent constituer une partie cruciale de la feuille de route pour la paix.
Enfin, les États arabes doivent reconnaître que l'initiative arabe de paix a été un début important, mais non la fin de leurs responsabilités. Le conflit israélo-arabe ne devrait plus être utilisé pour distraire les populations des États arabes des autres problèmes. Il doit au contraire servir de raison pour aider les populations palestiniennes à développer les institutions qui permettront d'asseoir leur État ; à reconnaître la légitimité d'Israël ; et à opter pour le progrès au lieu de se polariser de manière autodestructive sur le passé.
L'Amérique alignera ses politiques avec ceux qui veulent la paix. Nous dirons en public ce que nous dirons en privé aux Israéliens, aux Palestiniens et aux Arabes. Nous ne pouvons pas imposer la paix. Mais en privé, de nombreux Musulmans reconnaissent qu'Israël ne disparaitra pas ; de même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d'un État palestinien. Le moment est venu de prendre une initiative, sur ce que tous savent être vrai.
Trop de larmes ont coulé. Trop de sang a été versé. Nous avons tous la responsabilité d'oeuvrer pour le jour où les mères d'Israéliens et de Palestiniens pourront voir leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte de trois grandes religions sera ce lieu de paix que Dieu avait voulu ; où Jérusalem sera un lieu de résidence sur et permanent pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans et un lieu où tous les enfants d'Abraham pourront se côtoyer dans la paix comme dans l'histoire d'Israh, de Moïse, de Jésus et de Mohammed (que la paix soit avec eux) unis dans la prière.

La troisième source de tension est nos intérêts en commun à l'égard des
droits et des responsabilités des États concernant les armes nucléaires.
Cette question a constitué une source de tension entre les États-Unis et la République islamique d'Iran. Pendant de nombreuses années, l'Iran s'est défini en partie par son opposition à mon pays et il existe en effet un passé tumultueux entre nos deux pays. En pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l'Iran a joué un rôle dans la prise d'otages et dans des actes de violence à l'encontre des troupes et des civils américains. Cette histoire est bien connue. Plutôt que de rester emprisonné par le passé, j'ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l'avant. La question qui se pose maintenant n'est pas de savoir à quoi l'Iran s'oppose, mais plutôt quel est l'avenir qu'il souhaite bâtir.
Je comprends qu'il sera difficile de surmonter des décennies de méfiance, mais nous allons procéder avec courage, rectitude et fermeté. Il y aura de nombreux problèmes à examiner entre nos deux pays et nous sommes disposés à aller de l'avant sans conditions préalables, sur la base d'un respect mutuel. Mais il est clair pour tous ceux préoccupés par les armes nucléaires que nous sommes arrivés à un tournant décisif. Ce n'est pas simplement dans l'intérêt des États-Unis, c'est pour empêcher une course aux armes nucléaires susceptible d'entraîner cette région sur une voie extrêmement dangereuse .
Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays possèdent des armes que d'autres ne possèdent pas. Aucun État ne devrait décider et choisir qui sont les pays à avoir des armes nucléaires. C'est pourquoi je réaffirme fermement l'engagement de l'Amérique à vouloir un monde dans lequel aucun pays ne possède d'armes nucléaires. Et chaque pays, y compris l'Iran, devrait avoir le droit d'avoir accès à l'énergie nucléaire pacifique s'il respecte ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. Cet engagement est au coeur du Traité et il doit être pris par tous ceux qui y souscrivent pleinement. J'espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif.

Le quatrième point je vais aborder est la
démocratie.
Je sais - je sais qu'il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu'une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre.
Toutefois, cela ne diminue pas mon engagement à l'égard des gouvernements qui reflètent la volonté du peuple. Chaque nation donne naissance à ce principe de sa propre manière, en onction des traditions de son propre peuple. L'Amérique ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour tout et chacun, tout comme nous ne voudrions pas prétendre décider des résultats d'une élection pacifique. Mais j'ai la ferme conviction que tous les peuples aspirent à certaines choses : la possibilité de s'exprimer et d'avoir une voix dans la façon dont ils sont gouvernés ; la confiance en l'État de droit et l'application équitable de la justice ; un gouvernement qui est transparent et qui ne vole pas ce qui appartient à son peuple ; la liberté de vivre selon leur choix. Il ne s'agit pas simplement d'idéaux américains, il s'agit des droits de l'homme et c'est pourquoi nous les encouragerons dans le monde entier.
C'est vrai, il n'y a pas de route directe pour honorer cette promesse. Mais une chose est claire, les gouvernements qui défendent ces droits sont à terme plus stables, meilleurs et plus en sécurité. La suppression des idées ne réussit jamais à les éliminer. L'Amérique respecte la liberté d'expression de tous ceux, dans le monde entier, qui sont pacifiques et respectueux de la loi, même si nous ne sommes pas d'accord avec eux. Nous accueillerons tous les gouvernements élus pacifiques - à condition qu'ils gouvernent en respectant toutes leurs populations.
Ce point est important car il y a ceux qui encouragent la démocratie uniquement lorsqu'ils ne sont pas au pouvoir ; et une fois au pouvoir ils sont sans scrupules dans la suppression des droits d'autrui.
Quel que soit là où il prend forme, le gouvernement du peuple et par le peuple est le seul étalon par lequel on mesure tous ceux qui sont au pouvoir : il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition ; il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis ; il faut mettre les intérêts du peuple et le déroulement légitime du processus politique avant ceux de son parti. Sans ces ingrédients, les élections ne créent pas une vraie démocratie à elles seules.

Le cinquième point que nous allons aborder ensemble est celui de la
liberté de religion.
L'Islam a une tradition de tolérance dont il est fier. Nous le constatons dans l'histoire de l'Andalousie et de Cordoue pendant l'Inquisition. Je l'ai constaté de première main pendant mon enfance en Indonésie, où des Chrétiens dévots pratiquaient ouvertement leur religion dans un pays à prépondérance musulmane. C'est cet esprit qu'il nous faut aujourd'hui. Les habitants de tous les pays doivent être libres de choisir et de vivre leur religion d'après leur conviction d'esprit, de coeur et d'âme. Cette tolérance est essentielle pour que la religion puisse s'épanouir, or elle est assaillie de plusieurs façons différentes.
Parmi certains musulmans, on constate que certains ont malheureusement tendance à mesurer leur propre croyance à l'aune du rejet des croyances d'autrui. Il faut soutenir la richesse de la diversité religieuse, que ce soit pour les Maronites au Liban ou les Coptes en Égypte. Et pour être francs, il faut aussi mettre fin aux divergences entre les musulmans, car les divisions entre les sunnites et les chiites ont provoqué des violences tragiques, tout particulièrement en Irak. La liberté de religion joue un rôle crucial pour permettre aux gens de vivre en harmonie. Nous devons toujours examiner les façons dont nous la protégeons. Aux États-Unis, par exemple, les musulmans ont plus de mal à s'acquitter de l'obligation religieuse de la zakat étant donné les règles relatives aux dons de bienfaisance. C'est pour cette raison que je suis résolu à oeuvrer avec les musulmans américains pour leur permettre de s'acquitter de la zakat.
De même, il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu'une musulmane devrait porter. En un mot, nous ne pouvons pas déguiser l'hostilité envers la religion sous couvert de libéralisme.
De fait, la foi devrait nous unir. C'est pour cette raison que nous sommes en train de créer de nouveaux programmes de service communautaire en Amérique qui réunissent des chrétiens, des musulmans et des juifs. C'est également pour cette raison que nous nous réjouissons des initiatives telles que le dialogue interreligieux du roi Abdallah d'Arabie Saoudite et le leadership de la Turquie dans l'Alliance des civilisations. À travers le monde, nous pouvons transformer le dialogue en un service interreligieux de sorte que les ponts entre les êtres humains mènent à des actions en faveur de notre humanité commune, que ce soit pour lutter contre le paludisme en Afrique ou pour fournir des secours après une catastrophe naturelle.

La sixième question dont je veux parler porte sur les
droits des femmes.
Je sais - je sais, et vous pouvez le voir d'après ce public - que cette question suscite un sain débat. Je rejette l'opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est d'une façon ou d'une autre moins égale, mais j'ai la conviction qu'une femme que l'on prive d'éducation est privée d'égalité. Et ce n'est pas une coïncidence si les pays dans lesquels les femmes reçoivent une bonne éducation connaissent bien plus probablement la prospérité.
Je tiens à préciser une chose : les questions relatives à l'égalité des femmes ne sont absolument pas un sujet qui concerne uniquement l'Islam. En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l'égalité des femmes continue dans beaucoup d'aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier.
Je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une contribution à la société tout aussi importante que nos fils et que notre prospérité commune sera favorisée si nous utilisons les talents de toute l'humanité, hommes et femmes. Je ne crois pas que les femmes doivent faire les mêmes choix que les hommes pour assurer leur égalité, et je respecte celles qui choisissent de suivre un rôle traditionnel. Mais cela devrait être leur choix. C'est pour cela que les États-Unis oeuvreront en partenariat avec tout pays à majorité musulmane pour améliorer l'alphabétisation des filles. Nous aiderons aussi les jeunes femmes à faire la transition de l'école au monde du travail par l'intermédiaire du microfinancement qui permet aux gens de réaliser leurs rêves.

Finalement, je veux parler de notre
intérêt commun à favoriser le développement et les opportunités économiques.
Je sais que pour beaucoup, la mondialisation présente des aspects contradictoires. Internet et la télévision peuvent transmettre dans les foyers des connaissances et des informations, mais également une sexualité vulgaire et une violence gratuite. Le commerce peut s'accompagner de nouvelles richesses et opportunités, mais aussi de grands bouleversements et de changements au niveau communautaire. Dans tous les pays, y compris en Amérique, ce changement provoque la peur. La peur que la modernité signifie la perte du contrôle de nos choix économiques, de nos décisions politiques et, il s'agit d'un élément encore plus important, de notre identité, c'est-à-dire des choses qui nous attachent à notre communauté, notre famille et notre foi.
Mais je sais aussi qu'on ne peut pas empêcher le progrès humain. Le développement et la tradition ne sont pas nécessairement contradictoires. Des pays comme le Japon et la Corée du Sud ont connu une prodigieuse croissance économique tout en conservant leur culture distincte. Il en va de même pour les progrès remarquables au sein de pays à majorité musulmane, de Kuala Lumpur à Dubaï.
Par le passé et de nos jours, les communautés musulmanes ont été à la pointe de l'innovation et de l'éducation.
Ceci est important car aucune stratégie de développement ne peut se fonder uniquement sur ce que produit la terre et elle ne peut être durable si les jeunes n'ont pas de travail. De nombreux pays du Golfe se sont énormément enrichis grâce au pétrole et certains commencent à concentrer leurs ressources sur le développement plus large. Mais nous devons tous garder à l'esprit que l'éducation et l'innovation seront la monnaie d'échange du 21
e siècle. Dans trop de communautés musulmanes, le sous-investissement en ces domaines persiste. J'attire l'attention sur cette réalité dans mon propre pays. Et à la différence du passé pendant lequel l'Amérique se concentrait sur le pétrole et le gaz, s'agissant de cette partie du monde, nous chercherons désormais à agir dans des domaines plus variés.
Dans le domaine de l'éducation, nous allons élargir les programmes d'échange et augmenter les bourses, comme celle qui a permis à mon père de venir en Amérique, tout en encourageant davantage d'Américains à étudier dans des communautés musulmanes. Nous offrirons à des étudiants musulmans prometteurs des stages aux États-Unis ; nous investirons dans l'enseignement en ligne destiné aux enseignants et aux enfants à travers le monde ; et nous créerons un nouveau réseau informatique qui permettra à un jeune du Kansas de communiquer instantanément avec un jeune du Caire.
Dans le domaine du développement économique, nous créerons un nouveau corps de volontaires des milieux d'affaires qui formeront des partenariats avec des homologues de pays à majorité musulmane. Je vais aussi accueillir un Sommet sur l'entrepreneuriat cette année pour trouver les moyens d'approfondir les liens entre les leaders du monde des affaires, les fondations et les entrepreneurs sociaux des États-Unis et des communautés musulmanes à travers le monde.
Dans le domaine des sciences et des technologies, nous établirons un nouveau fonds pour appuyer le développement technologique dans les pays à majorité musulmane et pour aider à concrétiser commercialement des idées pour qu'elles créent des emplois. Nous ouvrirons des centres d'excellence scientifiques en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, et nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d'énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l'eau et produiront de nouvelles cultures. Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j'annonce aujourd'hui une nouvelle initiative avec l'Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile.
Tout cela doit être accompli en partenariat. Les Américains sont prêts à se joindre aux citoyens et gouvernements, aux organisations communautaires, aux dirigeants religieux et aux entreprises dans les communautés musulmanes du monde entier afin d'aider nos populations à améliorer leur vie.
Il ne sera pas facile de régler les questions dont je viens de parler. Mais nous avons la responsabilité de nous unir pour réaliser le monde auquel nous aspirons, un monde où les extrémistes ne menacent plus notre pays et où les soldats américains sont rentrés chez eux, un monde où les Palestiniens et les Israéliens vivent chacun en sécurité dans un État qui leur est propre et où l'énergie nucléaire est utilisée à des fins pacifiques, un monde où les gouvernements servent les intérêts de leurs citoyens et où les droits de tous les enfants de Dieu sont respectés. Tel est le monde auquel nous aspirons et nous n'y parviendrons qu'ensemble.
Je sais qu'un grand nombre de gens - musulmans et non musulmans - se demandent si nous arriverons vraiment à prendre ce nouveau départ. Certains veulent attiser les flammes de la division et entraver le progrès. Certains suggèrent que ça ne vaut pas la peine ; ils avancent qu'il y aura fatalement des désaccords et que les civilisations finissent toujours par s'affronter. Beaucoup plus ont tout simplement des doutes. Il y a tellement de peur, tellement de méfiance qui se sont accumulées avec les ans. Mais si nous choisissons de nous laisser enchaîner par le passé, nous n'irons jamais de l'avant. Je veux particulièrement le déclarer aux jeunes de toutes les fois et de tous les pays, plus que quiconque, vous avez la possibilité de ré-imaginer le monde, de refaire le monde.
Nous partageons tous cette planète pendant un court instant. À nous de décider si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous sépare ou si nous nous engageons à faire ce qu'il faut - de façon soutenue - pour trouver un terrain d'entente, pour nous concentrer sur l'avenir que nous désirons pour nos enfants, et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.
Tout ceci n'est pas simple. Il est plus facile de se lancer dans une guerre que de faire la paix. Il est plus facile de blâmer autrui que de s'examiner soi-même ; il est plus facile de voir ce qui nous distingue, plutôt que ce que nous avons en commun. Mais il faut choisir le bon chemin, et non le plus facile. Il y a une règle essentielle qui sous-tend toutes les religions : celle de traiter les autres comme nous aimerions être traités. Cette vérité transcende les nations et les peuples. C'est une croyance qui n'est pas nouvelle, qui n'est ni noire ni blanche ni basanée, qui n'est ni chrétienne ni musulmane ni juive. C'est une foi qui a animé le berceau de la civilisation et qui bat encore dans le coeur de milliards d'êtres humains. C'est la foi dans autrui et c'est ce qui m'a mené ici aujourd'hui.
Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage de prendre un nouveau départ, en gardant à l'esprit ce qui a été écrit.
Le Saint Coran nous dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. »
Le Talmud nous dit : « Toute la Torah a pour objectif de promouvoir la paix. »
La Bible nous dit : « Bienheureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »
Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu.
C'est maintenant notre tâche sur cette Terre. Je vous remercie et que la paix de Dieu soit avec vous.
Je vous remercie.

Lien à suivre ... civiquement


Idée du site Libnanews (www.libnanews.com)


Si chacun d'entre nous rapportait ce qu’il pense avoir vu ou noté comme étant anormal pour le bon déroulement des élections, ce serait un acte civique non négligeable.
Inutile de dire que les écervelés en tous genres ne sont pas les bienvenus (gros bras, partisans illuminés, corbeaux, voisine en colère, mari trompé,...)

A vos claviers.

Des extrémistes, il y en a partout!

Des heurts ont opposé aujourd'hui à Jérusalem des milliers de juifs orthodoxes à des policiers israéliens lors d'une manifestation contre l'ouverture d'un parking municipal durant le shabbat.

Pour un parking!


L'adieu aux armes

(Intervention de l’Amiral JOIRE-NOULENS (FRA) lors de sa visite d’adieu à l’École Navale le 29/06/1976)


Votre grade, vos fonctions, vos connaissances vont vous donner autorité sur des hommes. Cette autorité, vous avez non seulement le droit, mais aussi le devoir de l’exercer. Mais n’oubliez jamais qu’en tant qu’hommes, ils vous valent.

Vous vous trouvez dans des circonstances où il s’agit de punir. Vous devez le faire mais considérer le fait d’y être conduit comme un échec personnel.

Vous admirez les chefs qui se font aisément obéir et sont estimés de tous. Certains sont familiers et truculents, d’autres d’une froideur distante. N’imitez pas le comportement : les subordonnés, même les plus humbles sentent la fausseté d’une attitude factice, et y sont sensibles.

Ne faites pas retomber sur vos subordonnés une mauvaise humeur qu’ils n’ont pas provoquée. Vous avez droit à trois colères par an dont deux simulées.

Si vous savez déléguer à un personnel que vous avez bien formé, vous savez commander.

Ne donnez jamais un ordre si vous n’avez pas à la fois la volonté et les moyens de le faire appliquer (le code de la route est le modèle de ce qu’il ne faut pas faire !).

Ne laissez pas ignorer à un subordonné ce que vous pensez de ses actions : faites des observations ou des compliments, quand il y a lieu.

Toutes les fois que cela est possible, expliquez à vos subordonnés les raisons de vos décisions : connaissant votre mécanisme de pensée, ils réagiront, si vous êtes empêché, comme vous l’auriez fait.

L’indiscipline suprême consiste à exécuter un ordre sans avoir, au préalable, exposé à vos chefs, s’il n’y a pas urgence, les faits et les arguments qui, à votre avis, leur ont échappé. Si, après vous avoir entendu, ils maintiennent leur ordre, vous devez bien entendu, l’exécuter sans réticence.

Il y a deux attitudes quant à la confiance à accorder à ses subordonnés : la leur donner à priori, quitte à leur ôter s’ils ne s’en montrent pas dignes, ou bien attendre de les connaître pour la leur accorder. Cette dernière est mauvaise, car la défiance engendre la défiance, et vous ne sortirez pas de ce cercle vicieux.

Quand vous avez laissé un temps raisonnable pour exécuter un ordre, n’acceptez jamais l’excuse : « je n’ai pas eu le temps ! ». C’est une insolence, car cela signifie qu’il a jugé plus intéressant d’employer son temps à d’autres tâches que celles que vous lui aviez ordonnées.

Si vous savez exécuter une tâche vite et bien, faites-la exécuter par un subordonné. Vous perdrez du temps au début, mais vous en gagnerez beaucoup par la suite.

Amiral JOIRE-NOULENS,


Jean K
www.lanationlibanaise.org

02 juin 2009

Errance


Ce jour est un jour anniversaire, comme tous les autres jours d'ailleurs....


Triste anniversaire pour certains, un peu plus gai pour d'autres,....


Pour moi le 1er juin est le jour du début de la transhumance...


Commencée il y a 22 ans ou j'ai quitté le Liban en laissant derrière père, mère et sœurs encore tous secoués (et nous le sommes encore) de la disparition de Salim.


Une idée en tête.

Fuir ce pays qui m'avait prive de ma jeunesse.

Partir loin de ces gens qui ne m'avaient considéré que comme le cadet (bonjour les us et coutumes).

Gravir d'autres pentes certes plus ardues, mais qui sauraient m'oxygéner et étancher mes soifs.


Après des milliers de bornes, une bonne quinzaine de déménagements, dix écoles, quatre employeurs, trois gamins, trois chiens, me voila a fêter une nouvelle fois cet anniversaire.


Triste ou gai?


Ne pouvant renier un passé et encore moins le regretter, je m'offre un cadeau: une promesse.


Celle de pas voir ma transhumance ni celle de mes compatriotes se transformer en errance.

01 juin 2009

Réponse à Jean Khairallah - Nicolas AKL

Réponse à Jean Khairallah
lundi 1 juin 2009, OLJ


J'ai lu avec grand intérêt votre article du 5 mai 2009 dans L'Orient-Le Jour, et je vous réponds d'emblée : ce nouveau parti politique auquel vous aspirez et que vous décrivez si bien est très probablement dans le processus d'être créé, suivant presque exactement les mêmes critères que vous énumérez dans votre article.
Vous posez une question que beaucoup de Libanais - plus nombreux qu'on ne le croie et qui représentent une grande majorité silencieuse - se posent : « Combien de temps faudra t-il attendre pour adhérer à une structure politique ayant un projet d'avenir dont l'ambition une et unique serait celle de la nation libanaise ? »
Ce nouveau parti, en plus que ce que vous proposez, n'intégrera ni des chefs de guerre ni d'anciens politiciens, et rien qui rappelle le passé politique. Il y aura par contre de toutes nouvelles figures, éduquées, cultivées, courageuses, qui n'ont pas de sang sur les mains ni un passé politique lourd d'erreurs qui a mené le pays à la ruine et à la destruction de tout espoir d'un avenir meilleur. Le slogan de ce nouveau mouvement sera « La méritocratie ».
Quant au programme politique de ce parti en formation, que vous avez si bien décrit et résumé en quelques lignes, et qui prévoit des changements dans notre Constitution, la formation d'un Sénat, la décentralisation et une réforme de l'éducation, de la politique, de la santé, une politique écologique nouvelle et contre les milices, les armes, l'héritage politique et autres, tout cela, que vous avez si bien résumé, se trouve presque à la lettre, avec plus de détails encore et un plan d'exécution dans le programme politique, écrit par le fondateur de ce nouveau mouvement, le Dr Habib Zoghbi, dans un livre de 400 pages intitulé Liban : le chemin du redressement publié par Dar an-Nahar, avec une introduction du patriarche Nasrallah Sfeir. Le Dr Zoghbi est président des diplômés libanais de l'Université de Harvard et possède une longue expérience à l'étranger, dans les plus hautes sphères ainsi qu'au Liban dans des ONG.
Nos positions ont été reprises dans nos communiqués réguliers à la presse depuis 18 mois. Nous représentons ce nouvel embryon de parti : des personnes non sectaires, qui ne viennent pas d'une dynastie de politiciens et qui veulent créer une nouvelle voie dans la politique libanaise se distinguant par la compétence et la droiture. Nous avons vécu et travaillé dans les pays développés ainsi qu'au Liban. De quoi calmer les appréhensions que vous mentionnez dans votre article et vous rassurer concernant notre insistance sur la valeur intrinsèque de chaque adhérent.
Nos positions sont claires concernant les grands problèmes, tel l'armement du Hezbollah, ou moins grands, tels les problèmes du trafic et de la vie quotidienne du citoyen.
Enfin, et comme vous le réclamez, nous évitons dans notre appellation les termes guerriers de front, résistance, combat, forces, qui, comme vous le dites si bien, « ne reflètent pas nos ambitions d'avenir ». Nous avons donc opté pour l'appellation de « Rassemblement pour la souveraineté » (RPS), site Internet Liqaa_siyada1@yahoo.com, qui reste ouvert aux suggestions.
L'avenir du Liban, tel que le voit notre groupe, ne peut être amélioré que grâce à de nouvelles structures politiques reposant sur des bases nouvelles et saines, et puisant leur force dans la majorité des Libanais qui ne croient plus dans ce que leur proposent les forces présentes car ces forces ont fait trop d'erreurs dans le passé et les ont trop déçus. L'un des buts de cette nouvelle structure sera d'induire un changement de mentalité en donnant l'exemple et en créant un changement révolutionnaire dans l'éducation de nos jeunes. Les résultats des prochaines élections législatives confirmeront sans doute le besoin urgent de notre pays pour cette nouvelle voie, quitte à ce qu'elle existe en parallèle avec les autres.
Nous avons donc besoin de vous, votre pays a besoin de vous et de personnes qui pensent comme vous. S'ils s'y mettent, si chacun de nous au sein de cette grande majorité silencieuse s'y met, beaucoup de choses changeront. Aidez-nous donc à réaliser ce que vous demandez avec tellement d'insistance dans votre article. Ce n'est peut-être pas là un simple vœu pieux.

Nicolas AKL
Rassemblement national pour la souveraineté