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29 décembre 2009

quinze-cent-cinquante-neuf

Il est de ces chiffres qui nous restent graves dans la mémoire.

Quatorze-cent-quatre-vingt-douze ? Colomb et l’Amérique.

Quinze-cent-quinze ? Marignan m’sieur!

Mille-neuf-cent-soixante-quinze ? le début (date officielle retenue) d’une sale guerre qui couvait sous la cendre depuis des lustres.

Mille-neuf-cent-quatre-ving-dix ? la sale défaite (que certains ont déjà oublie) qui suit l’accord le rafistolage de Taëf.

1978-1982-2006 (trop long à écrire !) ? le trop plein d’invasions israéliennes.

Deux-mille-cinq ? le renouveau ou la énième tentative de se libérer du carcan syrien.

Et maintenant… LA quinze-cent-cinquante-neuf.

La résolution 1559 a été adoptée le 2 septembre 2004 par le Conseil de sécurité de l'ONU, à l'initiative conjointe de la France et des États-Unis, par 9 voix sur 15, et 6 abstentions.

Adoptée dans l'urgence, elle appelle au respect de la souveraineté et de l'indépendance politique du Liban, au retrait de toutes les troupes étrangères de son sol et à une élection présidentielle libre et équitable. Ont voté pour : Allemagne, Angola, Bénin, Chili, Espagne, États-Unis, France, Roumanie, Royaume-Uni ;

Ont déclaré que la résolution constituait une ingérence dans les affaires intérieures du Liban et se sont abstenus : Algérie, Brésil, Chine, Pakistan, Philippines, Russie.

La résolution comprend plusieurs volets :

1) Le retrait des troupes étrangères. C'est-à-dire de l'armée syrienne chargée provisoirement de maintenir la paix civile à l'issue de l'Accord de Taëf, mais toujours présente quinze ans après. Et aussi de l'armée israélienne occupant la petite zone dite des Fermes de Chebaa qui joue le rôle de réservoir d'eau régional.

2) le désarmement et la dissolution de toutes les milices.

3) L'organisation de l'élection présidentielle hors de toute interférence étrangère. C'est-à-dire la non-prolongation du mandat d'Émile Lahoud accusé d'être opposé aux deux points précédents et d'être, à ce titre, soutenu par la Syrie.

Ou l’on apprend que d’aucuns souhaitent voir la 1559 être purement classée, vu qu’elle aurait été entièrement appliquée. Leur analyse repose-t-elle sur le point 1 ou le point 2 ?

· La présence israélienne et les positions syriennes sur Chebaa sont inchangées.

· Les armes du Hezbollah (et des autres milices en moindre mesure) restent présentes hors du giron de L’Etat. Des régions entières sont sous la coupe de milices (libanaises ou palestiniennes) et le dernier exemple dans la banlieue sud de Beyrouth après le dernier attentat ne va pas dans le bon sens. Le parti de Dieu a laisse patienter sur le perron de la porte nos forces de sécurité intérieure, le temps de « nettoyer la place ».

Et dernier chiffre à retenir c’est le chiffre UN.

UN pour UNité du Liban

UN pour UN Liban, UNE nation qui sera bâtie sur la volonté durable de vivre au sein d’un même ensemble. Et ce n’est pas les dernières déclarations de Hassan Nasrallah qui nous ferons aller dans ce sens. Ses propos (presque) menaçants adresses aux chrétiens du Liban leur rappelant le sort des chrétiens d’Irak est tout simplement hors sujet, hors contexte, inacceptables.

Tout comme l’est la comparaison dérangeante et politicienne du général Aoun entre la passion du Christ et le meurtre d’Hussein.

En focalisant le débat sur les sujets passionnels on en oublie l’essentiel que représente le quotidien de nos concitoyens. Dramatique.

«Une nation qui produit de jour en jour des hommes stupides achète à crédit sa propre mort spirituelle.» Martin Luther King

Jean K

La Nation Libanaise